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Sep 04

Glass ceiling ou plafond de verre, quelques clés pour le vaincre

Le plafond de verre, ou glass ceiling en anglais, est une expression américaine rendue publique dans les années 80 grâce à  un article paru dans le Wall Street Journal, le 24 mars 1986. Il s’agit d’une barrière professionnelle invisible que les femmes managers américaines ne pouvaient franchir.

Depuis, cette métaphore s’est largement étendue à l’ensemble des cadres, hommes compris, en Europe mais aussi dans le reste du monde (rest of the world comme diraient nos amis américains). Certaines organisations gouvernementales se sont même penchées sur sa définition, sa réalité ainsi que ses caractéristiques. En France, le très sérieux Centre d’Analyse Stratégique Français a réalisé un document sur le sujet. (http://www.strategie.gouv.fr/content/etude-plafond-de-verre).

La métaphore qui vise à utiliser l’expression plafond de verre est beaucoup plus parlante que celle de labyrinthe professionnel, parfois évoqué pour parler des difficultés à atteindre un poste. En effet, la notion de labyrinthe implique un parcours certes difficile, long et où il faut parfois rebrousser chemin, mais il comprend toujours une sortie. A contrario, le plafond de verre implique l’absence de solutions ainsi qu’une vision trouble de la réalité.  Il désigne le fait que, dans une structure hiérarchique, les niveaux supérieurs ne sont pas accessibles à certaines catégories de personnes.

Tout le monde s’accorde sur le fait que le plafond de verre est une donnée totalement personnelle. Ce qui veut dire qu’il est propre à chacun. On peut alors facilement considérer que ses adjectifs qualificatifs sont subjectifs. Quels sont alors les éléments qui font que ce plafond de verre existe ? Comment font ceux qui n’ont pas connaissance de cette réalité ? Comment le contourner ?

Force est de constater que ce concept n’est pas partagé par tous. En effet, certaines personnes ignorent ce concept et n’ont pas eu à souffrir ni de difficultés liées à leurs sexes, ni de problématiques particulières pour atteindre leurs objectifs professionnels.

Voyons comment, ensemble, nous pouvons, à travers 3 thèmes, vaincre ce plafond de verre. Evidemment, je ne vais pas me lancer dans un récit détaillé de toutes les possibilités de contournement, lesquelles pourraient faire l’objet d’un ouvrage à lui tout seul. Je vais simplement me limiter, ici, à vous faire partager des éléments de réflexion et à vous donner quelques clés de réussite.

Épictète – un des pères du stoïcisme – proposait dès 50 après J.C. dans son Manuel cette maxime « de toutes les choses du monde, les unes dépendent de nous, les autres n’en dépendent pas ….  Les choses qui dépendent de nous sont libres, rien ne peut les arrêter, ni leur faire obstacle ; celles qui n’en dépendent pas sont faibles, esclaves, dépendantes, sujettes à mille obstacles et à mille inconvénients, et entièrement étrangères« .

Alors, comment interpréter cela ? Notre réalité n’est que la représentation de notre construction. La réalité n’existe pas. Chacun à sa réalité, sa vue des événements, son interprétation des faits. Pour vaincre ce plafond de verre, il faut tout d’abord le confronter à la réalité. Non pas de votre interprétation mais alimenter votre réflexion avec l’aide de tiers, de collègues, d’amis, de managers ou de conseillers (formés pour cela). Ils seront capables de vous apporter des éléments, des processus, des outils qui vous permettront d’avoir une représentation réelle de la situation. Il faut alors questionner les faits, s’attacher à décrire la situation de différents points de vue. Enfin, pour conclure sur ce chapitre réalité, il convient, comme nous l’a enseigné Épictète il y a 2 000 ans, de ne pas s’attacher aux faits qui ne dépendent pas de nous.

Il faut ensuite définir une stratégie, c’est-à-dire un ensemble d’actions, de manœuvres à mettre en œuvre pour briser ce plafond de verre. Cette stratégie sera alimentée par un ensemble de moyens coordonnés que l’on utilisera pour vaincre cette difficulté. Il peut s’agir de formation, de lecture, de prise de recul, d’accompagnement, de ruse, de politique, etc … En bref, il est essentiel de s’armer et de s’équiper en conséquence afin de faire tomber cette difficulté.

Enfin, il est essentiel de se familiariser avec une notion qui se nomme : discipline. De quoi s’agit-il ? Voyons ce que le dictionnaire « Le Robert » nous propose comme définition : « règles de conduite qu’on s’impose, donner du sens, de l’ordre« . La discipline, l’un des enjeux du contournement du glass ceiling, va permettre de définir un objectif, mais surtout de se concentrer sur celui-ci et de s’y tenir. Ainsi, que ce soit à travers le questionnement, le rapport aux faits, la stratégie ou la mise en œuvre des moyens coordonnés, le mot discipline doit être votre fil rouge.

Il est utile, à ce stade, de vous conseiller de noter sur une feuille ou un carnet ces 3 mots clés afin d’être capable d’y revenir, d’y réfléchir, mais aussi de les alimenter régulièrement. C’est en les compulsant, en les challengeant que vous constaterez – au fur et à mesure du temps, de vos enseignements, de vos échanges – que la distance avec votre plafond de verre va se réduire, va s’éclaircir, s’éloigner. Le processus  « comment vous allez vous y prendre pour le vaincre » deviendra de plus en plus clair.

Comme je le disais au début de ce billet, certaines personnes n’ont pas de plafond de verre. Dans bien des cas, il n’est qu’une représentation de notre réalité. Dès lors que cette dernière sera un tant soit peu challengée, elle sera modifiée.

L’une des clés de votre réussite est de mettre en œuvre les 3 préceptes proposés :

  • la confrontation à votre réalité
  • la définition d’une stratégie
  • la discipline comme fédérateur de l’ensemble
Alain Huau

Alain Huau

Expert de la relation clients depuis plus de 15 années
Une grande pratique de la gestion du support client sur l’ensemble de l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique (EMEA)
28 années d’expérience dans l’industrie, les services, le développement logiciel, l’intégration de systèmes, la conduite de projets, …
Diplômé Universitaire Executive Coaching de Dirigeants et de Managers (Université de Cergy Pontoise)
Alain Huau